Chaque deuil est unique et il n’y a pas de hiérarchie sur l’échelle de la douleur. Perdre un animal de compagnie est une épreuve bouleversante et de nombreuses personnes se sentent alors comme amputées d’une partie d’elles-mêmes.
Si vous faites face à la mort de votre chien, de votre chat, de votre lapin ou de tout autre compagnon de vie, vous vous demandez peut-être comment faire sans sa présence quotidienne à vos côtés. Sa disparition laisse un vide immense dans votre vie et son absence est très douloureuse.
Comment vivre votre deuil de la façon la plus douce possible tout en accueillant les émotions qui vous assaillent ? Est-ce « normal » de ressentir autant de peine ? Combien de temps cela va-t-il durer ? Autant de questions légitimes qui méritent des réponses bienveillantes.
Face à la perte d’un animal, il arrive qu’on se sente parfois incompris et très seul·e. Voici donc mes conseils pour traverser cette période de la façon la plus apaisée possible : perdre votre meilleur·e ami·e est une traversée qu’il faut prendre le temps de vivre à votre rythme afin d’honorer sa mémoire.
1. Entourez-vous de personnes bienveillantes
Lorsqu’on vit un deuil, l’entourage est très important. Plus que jamais, vous avez besoin d’être entouré·e de personnes bienveillantes qui prennent le temps de vous écouter sans vous juger. Si cela est possible, entourez-vous donc de personnes compréhensives et douces, avec lesquelles vous pourrez parler de ce que vous traversez, sans crainte d’être jugé·e.
Et si une ou plusieurs personnes de votre entourage ne comprennent pas votre peine après la perte de votre animal et formulent des remarques maladroites du type : « Ce n’était qu’un chat ! », « Tu n’es toujours pas remise de sa disparition ? Ça fait longtemps maintenant qu’il est parti ! », n’hésitez pas à leur répondre que votre animal comptait beaucoup pour vous et que votre façon de vivre votre deuil vous appartient, tout comme l’intensité de votre peine.
Votre deuil et la tristesse que vous éprouvez sont proportionnés à la place qu’occupait votre animal dans votre vie et au lien très fort qui vous unissait.
💬 Participez à un groupe de paroles pour ne pas rester seul·e avec votre souffrance
✨ Des espaces en ligne, notamment sur Facebook, existent pour pouvoir partager vos émotions dans un cadre bienveillant suite à la perte de votre animal, ainsi que des groupes de paroles.
Sarah Dumont, l’auteure du Carnet de deuil et fondatrice de la plateforme Happy End, recommande de taper sur le moteur de recherche : « support dans le deuil de nos animaux » ou « mieux traverser le deuil », afin d’avoir un aperçu des groupes au sein desquels vous pourrez échanger et trouver du réconfort.
✨ L’association Happy End propose des Cafés Compagnons, à Paris, destinés aux personnes qui ont perdu un animal. Ces rencontres entre endeuillé·e·s permettent d’échanger dans un cadre sécurisé et sécurisant et de partager avec des personnes qui ont le même vécu.
Ces cafés sont animés par Irène Combres, coach formée à l’accompagnement au deuil.
🌺 Cliquez ici pour en savoir plus sur les Cafés Compagnons.

2. Accueillez vos émotions et soyez à leur écoute
Lorsqu’on est confontré·e au deuil, il est normal de vivre un « tsunami émotionnel », en passant d’une émotion à une autre. La psychiatre Elisabeth Kübler-Ross a théorisé de façon brillante la courbe du deuil, désormais célèbre dans le monde entier, ainsi que les émotions par lesquelles une personne en deuil passe. Elle a identifié cinq étapes : déni, colère, marchandage, dépression et acceptation.
Ces émotions ne sont pas linéaires : elles vont et viennent, comme le ressac de la mer. D’ailleurs, on parle souvent de « faire son deuil », mais plus que de faire, je crois qu’il s’agit avant tout de vivre votre deuil, c’est-à-dire d’accueillir toutes les émotions qui vous submergent et qui sont légitimes bien qu’inconfortables.
Alors, comment les accueillir aux mieux et vous en libérer peu à peu ? Le fait de déposer vos émotions sur le papier peut être très libérateur : en écrivant ce que vous traversez, vous prenez le temps d’identifier vos émotions, de les nommer et vous prenez du recul sur ce qui vous fait souffrir. C’est un exercice thérapeutique qui est très apaisant, si vous le pratiquez régulièrement.
Si vous n’êtez pas à l’aise avec l’écriture ou si vous avez peur de ne pas savoir quoi écrire face à une page blanche, je vous conseille de vous appuyer sur Mon Journal de deuil, de Sarah Dumont (Leduc, 2023), préfacé par Christophe Fauré, auteur et psychothérapeute reconnu sur le deuil.
Ce carnet à annoter est l’écrin parfait pour déposer votre tristesse et ce qui vous encombre, tout en étant guidé·e page après page. Il est d’un grand soutien et je l’offre régulièrement aux personnes qui sont dans le deuil, afin de les aider à traverser cette épreuve.

Dans ce carnet à remplir au gré de vos émotions, vous trouverez notamment :
✨ Une trousse d’urgence.
✨ Plusieurs pages pour honorer la mémoire de votre compagnon.
✨ Un carnet de bord de vos émotions.
✨ Un espace « Moi et les autres », où vous trouverez des conseils pour prendre soin de vous et continer à nourrir votre relation aux autres pendant cette traversée.
✨ Des pages pour annoter les enseignements que vous avez tirés de ce deuil…
🌺 En complément, retrouvez ici mon article dédié aux bienfaits de l’écriture thérapeutique.
« Le deuil est comme l’océan : il vient sur des vagues qui vont et viennent. Parfois, l’eau est calme, et parfois elle est écrasante. Tout ce que nous pouvons faire, c’est apprendre à nager. » Vicki Harrison

3. Honorez son souvenir
En complément à la tenue d’un journal de deuil, vous pouvez choisir un joli carnet dans lequel vous collerez plusieurs photos de votre animal.
Vous pourrez également y déposer des mots doux et le partage de souvenirs avec votre compagnon. C’est un peu comme un livre d’or qui lui sera dédié et que vous pourrez consulter dans le futur quand vous en ressentirez le besoin.
Voici quelques conseils, à compléter au gré de vos envies et de votre créativité :
- Écrivez à votre animal une lettre pour le remercier d’avoir été présent dans votre vie et pour tous les bons moments passés ensemble.
- Conservez un objet qui vous relie à lui (empreinte de pattes, collier, doudou, plaid, objet symbolique…).
- Réalisez un petit autel, espace consacré, où vous disposerez sa photo et une bougie, une pierre, ou tout autre objet qui vous est cher, afin d’honorer sa mémoire et d’entretenir des souvenirs apaisants et doux envers lui.

Le plus doux des adieux est un ouvrage jeunesse destiné aux enfants, mais si vous êtes sensible à son univers illustré, je le trouve parfaitement adapté aux adultes.
D’une grande beauté et délicatesse, il rend hommage à un chien sur le point de vivre son dernier soupir. Au gré des pages, les souvenirs des moments heureux ressurgissent. C’est une ode à la pureté des animaux et à ce qu’ils viennent partager avec nous au quotidien.
Un livre à (s’)offrir pour prendre le temps de remercier votre animal et honorer les bons moments partagés avec lui.


4. Acceptez que vivre un deuil prend du temps
Chaque deuil est unique et aucun n’a de temporalité définie. Dans notre société où nous vivons à un rythme effréné et où l’efficacité et la productivité sont érigées au rang de nouvelles divinités, il est bon de rappeler que vivre un deuil est une expérience personnelle, intime, qui demande de faire de l’espace à nos ressentis et de prendre du temps pour nous.
Si vous le pouvez, plus que jamais, libérez donc du temps afin de pouvoir vivre votre deuil à votre rythme, et de vous recentrer en étant au calme pour vivre les émotions qui vous traversent. Vivre un deuil prend du temps, parfois toute une vie pour apprendre à vivre sans l’autre. Prenez le temps nécessaire pour être pleinement à l’écoute de vos ressentis et vivre cette épreuve au rythme qui vous convient.
« On ne guérit d’une souffrance qu’à condition de l’éprouver pleinement. » Marcel Proust
🐶 🇮🇹 Un congé pour s’occuper de son animal malade ou blessé
Saviez-vous que l’Italie est le premier pays à accorder des congés payés pour s’occuper de son animal malade ou blessé ?
Cette évolution législative prouve combien les animaux sont considérés comme des membres de la famille à part entière et illustre l’importance croissante du lien entre humains et animaux.

5. Plus que jamais, prenez soin de vous
Dans les moments difficiles, il est plus que jamais important d’être bien centré·e sur vos besoins et de prévoir des choses qui vous font du bien. C’est essentiel pour continuer à prendre soin de vous malgré la douleur, et de cultiver une certaine douceur envers vous-même.
Lorsqu’on vit un deuil, il est normal de ressentir une grande fatigue, due notamment à la profonde tristesse qui nous habite. Cela peut paraître évident, mais il est bon de rappeler que dans ces moments-là, il est essentiel de veiller à manger sainement, à bien s’hydrater et à se reposer au maximum.
Si possible, maintenir une activité physique, comme marcher en forêt par exemple, vous aidera également à évacuer les tensions et vous offrira des moments bienvenus d’apaisement.
🌺 Retrouvez dans mon article dédié au stress 12 conseils pour mettre en place une routine bien-être qui vous fera du bien.



6. Faites-vous accompagner si nécessaire
Et si la peine s’installe durablement et vous empêche d’avancer ? Sachez qu’il n’y a aucune fatalité. Si vous sentez que votre peine devient trop « envahissante » et vous empêche de continuer à vivre, si vous vous isolez de plus en plus, alors c’est le moment de demander de l’aide afin de pouvoir traverser cette étape de votre vie en étant accompagné·e.
Des solutions existent et il n’y a aucune honte à demander de l’aide. Au contraire : aller voir un·e thérapeute spécialisé·e en deuil est un geste de courage et de respect envers vous-même. C’est la meilleure façon de continuer à avancer en prenant soin de vous et en étant à l’écoute de ce que vous vivez.
🐶 🐱 🐰 Trois ressources
✨ Le site Happy End
Je vous ai recommandé plus haut les Cafés Compagnons organisés par l’association Happy End. Happy End est également une plateforme dédiée au deuil engagée pour lever le tabou qui entoure la mort de nos proches et de nos animaux.
🌺 Cliquez ici pour accéder à la plateforme Happy End.
✨ L’accompagnement de Yessenia Alves Leiva, fondatrice de Vet’Eden et vétérinaire spécialisée en deuil animal
Yessenia propose, en visio ou en présentiel, un accompagnement aux personnes qui viennent de perdre un animal. Sa double casquette de vétérinaire et d’accompagnante au deuil lui permet d’aider les personnes en souffrance et de les déculpabiliser, si elles se sentent responsables de sa mort.
🌺 Retrouvez ici son interview pour mieux comprendre sa démarche et son éthique.
✨ La bibliothérapie
Il s’agit d’une pratique qui consiste à s’appuyer sur les livres et la lecture comme supports d’accompagnement dans la vie, professionnelle ou personnelle.
À noter : il ne s’agit pas d’une thérapie, bien que le mot « thérapie » fasse partie de son nom. Mais cette technique peut vous aider à prendre du recul sur vos émotions, en puisant des ressources dans plusieurs textes d’auteur·e·s de fiction choisis avec soin par le ou la bibliothérapeute.
🌺 Pour en savoir plus sur les bienfaits de la bibliothérapie et sur les accompagnements de Love for Livres, cliquez ici.
7. Soyez attentif·ve aux signes
Peut-être faites-vous partie des personnes qui ont déjà vécu ce qu’on appelle un « vécu subjectif avec un défunt » ? Selon la chercheuse suisse Evelyn Elsaesser, « un VSCD se produit lorsqu’une personne perçoit de manière inattendue un défunt. Les VSCD sont des expériences spontanées (…) Les VSCD sont directs, c’est-à-dire qu’ils se produisent sans l’intervention d’un médium ni l’utilisation d’un appareil de transcommunication. Dans le cas d’un VSCD, le récepteur perçoit une densité, une énergie, qui permet de situer précisément le défunt dans la pièce. Il est capable de dire quand le défunt est arrivé et reparti. »
J’en parle ici car beaucoup de personnes qui ont vécu ce genre d’expériences n’osent pas en parler, de peur d’être jugées par leur entourage. Ce type de vécu subjectif est pourtant plus fréquent qu’on ne le croit, et si cela vous arrive ou vous est déjà arrivé, il est important d’accueillir vos ressentis sans jugement ni peur, mais avec bienveillance.
Les personnes qui vivent ces « signes » trouvent en général un réconfort puissant dans ce type de contact subjectif. Ce lien les apaise et les aide à mieux vivre l’épreuve de l’absence. C’est comme si le lien avec le ou la défunt·e n’était pas rompu par l’absence physique, mais se transformait en prenant une autre forme.
Dans Mon journal de deuil, Sarah Dumont cite Patricia Serin, psychologue et psychothérapeute, membre de l’INREES (Institut de recherche sur les expériences extraordinaires) : « S’ils ne font pas l’économie du processus de deuil, ces signes rassurent ceux et celles qui restent. Ils leur rappellent que le lien n’est pas rompu avec l’être cher qu’ils ont perdu. Traverser un deuil, c’est voir se transformer un lien extérieur objectif et disparu en un lien intérieur qui ne meurt jamais. Ces signes peuvent aider à faire ce chemin. »
8. Engagez-vous dans une cause qui vous tient à cœur
Lorsqu’elle souffrent moins, certaines personnes qui ont vécu un deuil profond souhaitent s’engager dans une cause qui leur tient à cœur. Cela leur permet de donner du sens à l’épreuve qu’elles viennent de traverser et cela leur procure également de l’énergie positive qui les rebooste. Elles se sentent alors utiles et investies d’une mission.
Si cela résonne pour vous, renseignez-vous sur les besoins des associations proches de chez vous. Si vous préférez, vous pouvez aussi faire un don à une association de protection animale pour l’aider concrètement à recueillir et à prendre soin d’animaux en souffrance.
À vous de trouver ce qui vous aidera à transformer votre peine en une activité qui vous fait du bien et vous aide à avancer.



✨ Mon livre coup de cœur, une ode à la renaissance après un deuil
À la mort de sa mère, Shûichi, illustrateur de livres pour enfants, revient dans la maison de son enfance, à la périphérie de Tokyo, dans une petite ville baignée par l’océan et entourée de montagnes.
Lui qui s’attendait à être seul croise le chemin d’un jeune garçon au comportement énigmatique, qui rôde autour de la maison et semble avoir connu sa mère.
Peu à peu, une relation va se tisser entre eux, qui les mènera sur une île unique au monde : Teshima, où sont conservés les enregistrements des pulsations cardiaques de dizaines de milliers de personnes, vivantes ou disparues…
🦋 En complément
🌺 Vous pouvez lire mon article sur le deuil en cliquant ici.
🌺 Je vous conseille le podcast de Laura Trompette, auteure amoureuse des animaux qui interview des personnalités autour de leur relation avec leur animal. Cliquez ici pour écouter ces bonbons sonores qui font du bien.
🌺 La page Instagram de Happy End : @happyend.life.
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