Qui n’a pas déjà eu envie de partager un livre à tout son entourage, car ses mots ont résonné en lui ou en elle avec force et puissance ? Les livres sont de formidables vecteurs d’émotions et de fidèles compagnons de route.
Certains nous permettent de laisser libre cours à notre imaginaire, tandis que d’autres nous aident à cheminer en conscience. En fonction de notre sensibilité et de nos besoins, les livres nous offrent des clés de compréhension de nous-mêmes et nous aident à vivre.
Céline Mas est bibliothérapeute et cofondatrice de Love for Livres, organisation sociale à mission qui innove pour donner envie de lire. Elle accompagne, grâce au pouvoir des livres, les personnes dans leur quête de mieux-être.
Pratiquée en groupe ou lors de séances individuelles, la bibliothérapie offre une réponse à nos questionnements et permet de nous relier à notre humanité. Et si la lecture était l’une des réponses au développement accru du tout-numérique et de l’intelligence artificielle ?
Céline Mas est auteure de plusieurs ouvrages, dont La lecture pour réussir sa vie professionnelle (Dunod, 2024).

Céline, tu es bibliothérapeute. Est-ce que tu peux me dire ce qu’est la bibliothérapie ?
La bibliothérapie est une pratique qui consiste à s’appuyer sur le livre et la lecture comme des supports d’accompagnement dans la vie, professionnelle ou personnelle. C’est une pratique très ancienne qui était déjà utilisée sous d’autres formes dans les temps gréco-romains antiques, à travers notamment la catharsis, qui consistait à se fonder sur le théâtre comme un espace permettant de laisser aller ses émotions et ses affects.
Dans la bibliothérapie, il y a plusieurs « écoles » ou courants :
📙 La bibliothérapie dite « créative », qui utilise des formats et des méthodes très créatives pour soutenir les personnes.
📙 La bibliothérapie dite « prescriptive », qui est fondée sur la prescription de certaines œuvres à des personnes en fonction de leurs besoins spécifiques.
📙 La bibliothérapie dite « clinique », qui utilise la bibliothérapie dans un cadre médical, hospitalier ou paramédical. Pour autant, cette approche ne se substitue jamais à un suivi thérapeutique et médical. Il est crucial de poser ce point en toute clarté et en toutes circonstances.
Au sein de Love for Livres, organisation que j’ai cofondée, dédiée à la lecture pour mieux vivre, nous développons une approche nourrie par les sciences cognitives que nous associons à la littérature pour créer des contenus à la fois rigoureux dans leurs fondements et imaginatifs dans leurs formes.
Nous proposons donc une bibliothérapie plutôt cognitive et narrative. Nous nous appuyons sur les phénomènes de cognition (la façon dont la lecture a une influence sur nos cerveaux et nos comportements et inversement) et sur les vertus du système narratif (la fiction comme levier précieux de compréhension du monde et du vivre ensemble).
Dans mon dernier livre paru aux éditions Dunod l’année dernière, La lecture pour réussir sa vie professionnelle, je définis ainsi la bibliothérapie : « Aujourd’hui, la bibliothérapie pourrait être définie comme une méthode d’accompagnement et du prendre soin par les livres, prenant appui sur les apports des sciences cognitives pour révéler les pouvoirs de la fiction. »
Et j’insiste à nouveau sur le fait qu’il ne s’agit pas d’une « thérapie » au sens classique du terme, mais bien d’une pratique, d’un accompagnement. Parfois, certaines personnes nous contactent dans un état de grande détresse et notre responsabilité est de ne jamais nous présenter comme étant thérapeutes ni de leur proposer des outils qui seraient inadaptés à leur état. C’est une éthique de base qui est fondamentale pour nous.
📚 Sadie Peterson Delaney, la fondatrice de la bibliothérapie
La bibliothérapie en tant que telle (biblio, les livres, et therapeia, le soin) est une discipline née grâce à la pratique d’une femme exceptionnelle, qui s’appelle Sadie Peterson Delaney.
Bibliothécaire à l’hôpital de Tuskegee en Alabama dans les années 1920, elle décide d’abord d’embellir la bibliothèque pour la rendre plus attractive. Sa démarche est innovante pour l’époque, car l’hôpital n’a alors pas beaucoup de moyens.
Et Sadie se met à conseiller aux soldats du Front de la Première Guerre mondiale et aux patients qui arrivent à l’hôpital certains livres précis. Elle fait de la prescription littéraire en fonction du soldat et de son état de santé psychique. Elle propose aussi des innovations pour l’époque comme des chariots de livres ambulants et de la lecture à voix haute. Elle comprend que le livre doit aller vers les personnes dans leur environnement et telles qu’elles sont. Cette façon de personnaliser la lecture et de la rendre ouverte au plus grand nombre est ce qui caractérise la bibliothérapie.
Ce n’est qu’en 1966 que le terme « bibliothérapie » apparaîtra dans un dictionnaire américain. La pratique va alors se développer, essentiellement dans les pays anglo-saxons, comme étant une méthode pour prendre soin des autres par les livres et par la médiation de la lecture.
La bibliothérapie est une pratique qui consiste à s’appuyer sur le livre et la lecture comme des supports d’accompagnement dans la vie, professionnelle ou personnelle.
Et quel est le profil des bibliothérapeutes qui interviennent à Love for Livres ?
C’est varié. Il y a des personnes qui viennent du domaine des ressources humaines, des coachs, des artistes, des écrivains, des éducateurs, des personnes du secteur de l’animation culturelle, des documentalistes… Une base commune : avoir une expérience en bibliothérapie déjà affirmée, notamment quand les personnes interviennent auprès de publics vulnérables. Et une formation soit en sciences cognitives, soit en bibliothérapie (nous en proposons une depuis trois ans). Nous préparons toujours les contenus avec soin. Pour certaines sessions relevant de sujets particulièrement sensibles, nous sommes accompagnés par des psychologues.
Quel que soit leur profil, notre pratique est déontologique. Nous prévenons toujours les personnes qui nous consultent que nous ne sommes pas thérapeutes et nous leur précisons ce qu’est la bibliothérapie, ce qu’elle n’est pas, à quoi elle sert et ce à quoi elle ne peut pas servir.
Les choses sont ainsi clairement formulées, conformément à la charte de l’Association francophone de bibliothérapie.
J’en suis convaincue : accompagner les autres relève d’une grande responsabilité et on ne peut l’exercer que dans des conditions respectueuses de l’autonomie des personnes et de l’éthique.

Et comment se passe un atelier de bibliothérapie ?
Les sessions de groupe
Les sessions de groupe durent entre 1h et 2h30 en moyenne, selon la langue des personnes et leur niveau d’attention. Par exemple, pour un groupe d’enfants présentant un trouble de l’attention, nous proposons un format court, entre 35 et 45 minutes. S’il s’agit de personnes seniors qui sont dans un état de vulnérabilité physique, alors on privilégiera également un format court, adapté aux besoins de ce public.
Par contre, certains groupes demandent un temps plus long, parce qu’ils ont besoin de ce temps pour s’exprimer, développer leurs idées, etc.
Nous organisons des séances de bibliothérapie en français, mais aussi dans d’autres langues telles que l’anglais, le flamand, le slovène, le polonais, le lituanien, l’ukrainien et l’arabe. Certaines de nos missions se placent dans le cadre d’un partenariat européen avec des bibliothèques étrangères.
Et pour chaque session, il y a toujours un thème directeur. Ça peut être, par exemple, « Découvrir la bibliothérapie » ou le sujet de la confiance en soi, des émotions, etc.
Au cours de la séance, nous avons donc un sujet et un objectif précis, une durée et un script sur lequel figurent nos séquences de travail. Nous avons les textes imprimés qui seront lus et nous utilisons également des cartes ou d’autres objets de médiation, si cela est pertinent.


Le Tarot Littéraire est l’un des supports utilisés dans le cadre de sessions de bibliothérapie proposées par Love for Livres
📚 La structure d’une séance de bibliothérapie
Qu’elle soit en bilatérale (deux personnes) ou en groupe, une séance se déroule toujours en trois parties selon la méthode que nous avons mise en place chez Love for Livres :
📙 Comprendre : dans un premier temps, nous échangeons afin que tout le monde comprenne bien le sujet de la séance.
📙 Connecter : dans un deuxième temps, nous discutons sur comment chacun et chacune peut connecter ce sujet avec sa propre vie.
📙 S’engager : enfin, nous invitons les participant·e·s à s’engager envers elles-mêmes à quelque chose (un déclic, un geste, une décision, une réflexion). Un atelier de bibliothérapie doit être transformatif, même s’il s’agit de transformations minimes. Nous incitons donc à des prises de conscience et à ce que les personnes prennent une petite décision ou découvrent quelque chose sur elles-mêmes, qui va s’enclencher après l’atelier. C’est très important pour nous.
Un atelier de bibliothérapie doit être transformatif, même s’il s’agit de transformations minimes. Nous incitons donc à des prises de conscience et à ce que les personnes prennent une petite décision ou découvrent quelque chose sur elles-mêmes, qui va s’enclencher après l’atelier. C’est très important pour nous.
Les sessions individuelles
Et pour ce qui concerne les sessions individuelles, les personnes nous contactent sur notre site ou via les réseaux sociaux. Actuellement, de nombreuses personnes font appel à nous parce qu’elles ont des soucis avec leur enfant, et notamment à l’âge adolescent. Par exemple, leur ado souffre de troubles de l’attention, rencontre des problèmes à l’école ou encore il n’aime pas du tout lire. Parfois, cela va plus loin et le parent est directement confronté au quotidien au mal-être de son enfant.
Nous avons aussi beaucoup de demandes de personnes qui sont en reconversion professionnelle ou qui traversent un moment où elles se posent des questions cruciales et elles ont envie d’avoir une nouvelle perspective.
Et nous recevons aussi des demandes de femmes qui traversent une période difficile de leur vie — les hommes ont autant de problèmes mais les femmes sont plus enclines à pratiquer la bibliothérapie selon notre expérience —, ou bien encore des adultes qui soutiennent leurs parents âgés. C’est louable, car ces personnes nous contactent afin que leurs parents aient un accompagnement autour de la lecture pour leur bien-être.
Les demandes sont donc diverses et aucun projet ne se ressemble vraiment.
En sessions individuelles, vous proposez un accompagnement en bibliothérapie à la carte ?
Oui, que ce soit dans la durée de la session, les contenus ou dans l’objectif que nous nous fixons. Nous avons toujours un objectif parce que, même s’il y a un aspect contemplatif dans ce type de séance, il y a aussi un aspect performatif, c’est-à-dire qu’il s’agit de faire quelque chose ensemble autour de la lecture.
Nous tenons beaucoup à cet aspect « objectif », sans se mettre de pression bien sûr, mais cela donne une ligne de conduite et amène la personne à réaliser des changements.
Pour te donner un exemple, nous avons accompagné une cadre supérieure qui était en transition professionnelle et en plein bilan de compétences. Au début, nos échanges étaient à visée professionnelle, puis l’on s’est aperçu qu’elle se posait beaucoup de questions plus larges sur son futur chapitre de vie.
C’est souvent le cas d’ailleurs, car la vie personnelle et la vie professionnelle ont des résonances. Nous l’avons amenée, pendant cinq sessions, à se poser des questions en douceur mais dans la clarté en utilisant des textes, les cartes du Tarot littéraire ainsi que des exercices cognitifs. Cela l’a aidée, au-delà de son bilan de compétences.
Et ça a très bien marché, puisqu’elle s’est rendu compte qu’elle avait envie d’un métier où elle pourrait prendre son temps et qu’elle souhaitait partir vivre au vert, ce qu’elle a fait depuis. L’accompagnement en bibliothérapie l’a donc aidée à forger son projet professionnel.
Nous tenons beaucoup à cet aspect “objectif”, sans se mettre de pression bien sûr, mais cela donne une ligne de conduite et amène la personne à réaliser des changements.
📚 Les séances de bibliothérapie se déroulent en présentiel ou en visio
Quand cela est possible, nous privilégions le présentiel, car c’est toujours plus intime et personnel. Mais il est possible de faire les deux.
Une séance en bilatérale dure environ une heure. Les personnes peuvent être accompagnées sur deux séances, mais l’idéal est cinq séances, ce qui permet de réaliser un travail de fond.
En groupe, il s’agit d’une séance entre 1h30 et 2h, sur un thème précis. Nous accueillons au maximum douze personnes, sauf cas particulier.
On peut venir à une session, c’est possible, mais cela reste une découverte. Si l’on veut suivre un programme, c’est-à-dire une série de sessions avec un objectif qui soit un peu plus ambitieux, alors généralement il faut suivre au moins quatre à cinq sessions.
Quand une personne vous contacte avec un objectif précis, celui-ci évolue parfois au fur et à mesure des séances ?
Oui, c’est ce que j’appelle les « objectifs écrans ». Par exemple, une personne nous contacte, car elle se dit qu’elle n’a pas la capacité de réaliser tel projet, qu’elle n’en a pas les moyens ni l’énergie. Quand nous échangeons et creusons un peu, nous nous apercevons qu’il s’agit en fait du syndrome de l’imposteur, ce dont la personne n’a pas conscience.
C’est pour cela que je dis souvent que la littérature a une vertu infiniment précieuse : elle nous aide à nous poser les bonnes questions. Il y a de nombreux moments dans la vie où nous ne savons pas exactement ce que nous cherchons ou que nous nous trompons de sujet.
Nous ressentons un malaise, un mal-être, une gêne, un frein. Nous ne savons pas comment ni pourquoi, mais nous n’arrivons pas à prendre les choses par le bon bout.
La littérature a une vertu infiniment précieuse : elle nous aide à nous poser les bonnes questions.
Et pendant une séance de bibliothérapie, vous utilisez plusieurs ouvrages ou vous vous concentrez sur un seul ?
Il existe plusieurs méthodes. Pour certaines sessions, les bibliothérapeutes aiment utiliser un seul ouvrage et proposent alors plusieurs scènes du même livre. Les écrivains bibliothérapeutes en sont friands, peut-être parce qu’ils ont un rapport à la structure narrative qui est assez fort.
Mais la plupart du temps, nous proposons des textes d’ouvrages différents. Notamment, car nous nous sommes rendu compte que certains textes ne passent pas avec certaines personnes et s’il s’agit du même texte tout au long de la session, cela peut mettre en péril l’atelier. Nous sommes donc arrivé·e·s à la conclusion qu’il vaut mieux proposer plusieurs ouvrages et pratiquer la bibliodiversité.
Et puis, ça nous permet également de varier les styles : on alterne ainsi entre prose, théâtre, bande dessinée, fiction… À travers cette diversité de supports, nous proposons au public, notamment à celles et à ceux qui ne lisent pas beaucoup, des textes qui sont suffisamment appétents pour qu’ils et elles aient envie de participer.

Quels sont les retours des personnes que vous accompagnez en bibliothérapie ?
Nous avons des retours vraiment très encourageants. Dans le cadre d’un projet Europe créative avec la Commission européenne 2020-2022 (projet dont la seconde édition 2025-2027 est en cours), près de 300 personnes avaient participé et le taux de satisfaction était très élevé, de l’ordre de 87 %.
Beaucoup de personnes nous disent que la bibliothérapie les aide à exprimer des choses qu’elles ne peuvent pas verbaliser par ailleurs. Elles reconnaissent dans les autres leur parcours et cette humanité partagée leur fait du bien. C’est donc positif. Nous rencontrons aussi des personnes pour qui la bibliothérapie a changé leur vie. Elles sont revenues nous voir après la session, parfois même des mois après, pour nous dire à quel point un texte précis lu pendant une session avait constitué un déclic pour elles.
Pas plus tard que la semaine dernière, j’ai animé une session en ligne sur l’inspiration en partenariat avec Librinova. Il y avait huit personnes présentes et à la fin, l’une d’entre elles m’a dit qu’elle voulait écrire et que c’était grâce à l’atelier ! Elle venait d’avoir un déclic et savait qu’elle allait écrire. Cela m’a beaucoup touchée.
Chez Love for Livres, nous essayons d’être concrets et de nous appuyer sur des données avérées : de plus en plus d’études internationales montrent à quel point la lecture est bénéfique pour la santé mentale et le bien-être. Donc il y a les usages que les personnes propagent, mais aussi ce que la science confirme en parallèle.
Beaucoup de personnes nous disent que la bibliothérapie les aide à exprimer des choses qu’elles ne peuvent pas verbaliser par ailleurs.
Les ouvrages ci-dessous sont ceux que j’utilise le plus en bibliothérapie. Ils ne constituent ni une prescription, ni un parcours figé, mais sont des points d’entrée possibles, choisis pour leur puissance émotionnelle et narrative. En bibliothérapie, le « bon livre » n’est jamais universel : c’est celui qui rencontre une personne, à un moment précis de sa vie.



Et est-ce que tu as constaté dernièrement un accroissement des demandes d’accompagnements en bibliothérapie ?
Oui, très clairement. Les demandes augmentent, mais elles restent encore faibles au regard des besoins réels. La bibliothérapie est encore peu connue en France et nécessite beaucoup de pédagogie : expliquer ce que c’est, ce que ce n’est pas, et à quoi elle peut servir.
Aujourd’hui, les demandes concernent particulièrement :
🌷 la fatigue émotionnelle et mentale,
🌷 les périodes de transition (adolescence, reconversion, séparation),
🌷 la perte de sens,
🌷 le besoin de ralentir et de se recentrer.
Je suis persuadée que d’ici 10 à 15 ans, le recours à la bibliothérapie va fortement s’accroître. La lecture est aussi un rempart face à la surexposition aux écrans. Sans les diaboliser, leur usage excessif a un impact réel sur la santé mentale, la concentration et la régulation émotionnelle.
Je suis persuadée que d’ici 10 à 15 ans, le recours à la bibliothérapie va fortement s’accroître. La lecture est aussi un rempart face à la surexposition aux écrans.
📚 Love for Livres a créé un moteur de recherches de livres par émotions !
Chez Love for Livres, nous avons conçu un moteur de recherche de livres par émotions. L’idée est simple : permettre de choisir un livre non pas uniquement par genre ou par thème, mais en fonction de ce que l’on traverse.
Joie, colère, tristesse, peur, joie, amour (qui n’est pas une émotion pure mais qui nous semblait important)…Parce que nos besoins de lecture évoluent comme nos vies.
La base de données a été d’abord conçue à la main et comprend aujourd’hui environ 4 000 références, sélectionnées et indexées manuellement.
Cette année, une nouvelle version beaucoup plus technologique et exhaustive sera lancée dans le cadre d’un projet européen. Nous avons hâte de pouvoir la partager !
🌺 Cliquez ici pour voir le moteur de recherche par émotions et dénichez votre prochaine lecture pépite.
Vous choisissez principalement des textes de fiction pour animer les ateliers de bibliothérapie ?
Oui, nous utilisons en majorité des textes de fiction. Il nous arrive de travailler avec des textes non fictionnels — par exemple autour des grands discours ou de la communication — car ils peuvent être très porteurs dans certains contextes précis.
Nous travaillons beaucoup autour de la fiction, car elle a le pouvoir d’ouvrir l’imaginaire. Elle permet de se déplacer, de regarder autrement, de ressentir sans se mettre immédiatement en défense. Daniel Pennac le dit très bien : « La vertu paradoxale de la lecture est de nous abstraire du monde pour lui trouver un sens. »
C’est une belle façon de définir la bibliothérapie. Daniel Pennac est un peu « bibliothérapeute » sans le savoir, parce qu’il y a quelque chose de très jubilatoire dans son rapport à la lecture. Ses textes sont très vivants, joyeux et cela résonne avec notre approche.
Daniel Pennac le dit très bien : « La vertu paradoxale de la lecture est de nous abstraire du monde pour lui trouver un sens. »
Avec Love for Livres, vous êtes très engagé·e·s pour promouvoir la lecture et ses bienfaits.
Notre conviction, c’est que la lecture, ce n’est pas seulement un loisir sympathique ou un levier de développement professionnel, c’est absolument majeur pour le futur de nos sociétés, y compris pour notre démocratie.
Lire mobilise notre cerveau dans des opérations complexes que l’on ne retrouve dans aucune autre activité : attention soutenue, mise à distance, empathie, élaboration de sens. Ces capacités sont essentielles à l’esprit critique et à notre aptitude à nous réguler et à penser par nous-même.
À l’inverse, les écrans et les réseaux sociaux — sans être diabolisés — sollicitent principalement des circuits courts de récompense immédiate, liés à la dopamine. Leur usage excessif fragilise nos capacités de concentration et de recul.
La bibliothérapie et, de manière plus générale, la lecture représentent un enjeu de société, dans toutes les dimensions, éducative, sociale, démocratique, et bien sûr également de santé. La lecture est un véritable nutriment cognitif et émotionnel, un élément structurant du fonctionnement social et sociétal. Cela est aujourd’hui largement documenté scientifiquement.
C’est comme si nous avions à portée de main un trésor accessible, bénéfique pour toutes et tous. Et cet enjeu est aussi profondément social : la lecture est un levier de mobilité. On sait que les enfants ayant accès aux livres disposent de meilleures chances de réussite et d’émancipation.
C’est pour cela que nous insistons, car selon nous, c’est un élément de justice sociale majeur. Et puis, pour finir, plus nous allons être dans un monde d’intelligence artificielle, plus nous allons avoir besoin de lire. Nous allons devoir continuer à penser par nous-même, nous poser les bonnes questions, développer notre esprit critique, et toutes ces compétences sont infiniment liées aux capacités de lecture. C’est absolument central.
La lecture, selon nous, est un élément de justice sociale majeure. Et plus nous allons être dans un monde d’intelligence artificielle, plus nous allons avoir besoin de lire.


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